« Le contexte sanitaire a bougé les lignes des visites à domiciles, du travail à distance et a mis en place des accompagnements plus transversaux. Les outils numériques disponibles sur ordinateurs, smartphone ou tablettes nous ont permis de proposer des parcours plus fluides pour les personnes accompagnées et leurs familles »

Vendredi 25 octobre, de 9h30 à 17h une vingtaine de personnes du Réseau Autisme et Numérique Grand Est (Bourgogne-Franche-Comté-Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes) a participé à un journée d’échange et de présentation de projets sur le site du SESSAD Acodège. En présence de Patrice Durovray, Directeur Général Acodège, de Pascale Paturle et Francis Jacqueray, respectivement Responsable nationale du Mécénat Santé et Délégué régional Mécénat et Solidarité pour la Fondation Orange.

Le tour de table de début de journée, essentiellement axé sur les retours d’expérience liés au confinement, a mis en exergue l’importance du numérique qui fut placé au cœur des projets avec les personnes porteurs d’autisme durant la période de crise sanitaire. Qu’ils soient de Metz, Strasbourg, Dieuze, Nevers, Nancy, ou Dijon, les professionnels des secteurs médico-sociaux présents ont souligné des relations plus directes et plus fréquentes avec les familles des personnes accompagnées. Face à l’impossibilité de se rassembler, les organisations qui se sont mises en place pour communiquer de façon orale et visuelle, se sont basées sur  des systèmes de visioconférences et les appels téléphoniques.  Durant cette période, les professionnels ont observé des familles plus disponibles et investies dans les projets quotidiens de leurs proches. Que ce soit pour des séances de bricolage, de cuisine, d’échange ou de soutien scolaire, chacun a redoublé de créativité pour palier à la distanciation physique. Cette période particulière a aussi mis en lumière de belles découvertes. Pour exemple, ces élèves porteurs de trouble du spectre de l’autisme qui profitent mieux de l’enseignement qui leur est prodigué en visioconférence loin de toutes sollicitation extérieures et dans leur environnement familial. Ou pour ces enfants de l’Aide Sociale à l’Enfance, des échanges plus fréquents avec leurs familles par visioconférences hebdomadaires en place de rendez-vous physiques mensuels. Les équipes de professionnels ont également observé une organisation de travail plus transversale, des services plus en lien et performants en terme de communication. Une période de cri sanitaire qui au final a favorisé des communications plus simples, plus directes et plus efficaces.

L’après-midi s’est déroulée sous la forme de présentation de projets « Autisme et numérique »  :

  •  Corentin Kerbiriou est venu présenter l’avancée du projet Juggle. Ce projet de conception de la plateforme JuggleApp (plateforme numérique destinée à ceux qui accompagnent le développement psychologique, sensoriel, neurologique et moteur des enfants et des adultes) atteint sa phase de maturité. Les premiers tests d’utilisation auprès des équipes médico-sociales sont concluants. 70 professionnels sont dores et déjà formés.
  • Pascal Bourgoin, Responsable du projet « Naotisme » auprès du Rectorat à Dijon, est venu nous parler de l’expérimentation du petit robot NAO qui est utilisé depuis 2017 dans une Unité d’Enseignement Maternelle Autisme (UEMA) installée à l’école maternelle de la Fontaine aux Jardins à Quetigny. Nao a permis à l’enseignante et l’éducatrice spécialisée de ces 7  enfants âgés de 3 à 5 ans  porteurs de troubles du spectre autistique, de développer des techniques leur permettant de mieux communiquer. Fleur Stawinski, éducatrice spécialisée au sein de cette UEMA, nous a fait part de ses observations : « NAO était une main tendue vers nos élèves. Il nous aidait à rentrer plus facilement en relation avec eux. Les personnes autistes n’ont pas la capacité de trier les informations que leurs cinq sens enregistrent en permanence. Ils peuvent être envahis par tout ce qui les entoure. La couleur d’un vêtement ou un regard qui nous échappe et ils peuvent être perturbés. NAO, lui, ne laisse rien paraître, aucune information, aucune expression, aucune odeur. Cela permet à nos élèves d’être beaucoup plus centrés sur ce qui leur est demandé. NAO leur permet de progresser dans leurs interactions sociales et leurs apprentissages« . Sandrine Chovet, professeure-coordinatrice au sein de l’Unité Locale d’Inclusion Scolaire pour les élèves présentant des troubles du spectre autistique (ULIS TSA) du collège Les Courlis à Nevers, nous a fait part de son utilisation du robot Nao avec ses élèves âgés de 12 à 18 ans qui travaillent les mathématiques, le français à des fins de programmation du petit robot.

La journée s’est clôturée sur les perspectives d’un nouveau projet présenté par Pascal Tressos, directeur du Conservatoire de musique et de danse de Beaune Côte & Sud qui souhaite développer l’apprentissage de la musique auprès d’un public en difficulté avec l’écrit et possiblement développer des actions communes avec les professionnels du médico-social.

La prochaine réunion du Réseau Autisme et Numérique se réunira à nouveau début 2021 dans une autre région du Grand-Est.

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